La septième édition du Forum social mondial, le plus important rassemblement de mouvements sociaux, de réseaux, d'ONG et autres organisations de la société civile s'est ouverte par un défilé de plus de 10.000 personnes venues du monde entier, à travers les ruelles de l'immense bidonville de Kibera au Kenya. Pour la première fois en Afrique, continent qui compte 34 des 50 pays les plus pauvres, le FSM est considéré comme le contrepoids au rassemblement annuel des grands de la finance et de la politique internationale à Davos. En effet, tandis que les puissants de ce monde discutent de leurs intérêts commerciaux et de géopolitique, décidant du sort de notre planète dans l'une des plus luxueuses stations de ski au monde, 46.000 militants et sympathisants, armés de convictions et d'espoir, débattent de la pauvreté, des réglementations commerciales, des problèmes liés à la dette et des conflits, dans un bidonville où plus de 800.000 kenyans tentent de survivre.
Même si l'action de ce genre de manifestations reste limitée et que leur influence ne dépasse généralement pas leurs ambitions, il reste que nous avons besoin de ces voix dissidentes qui refusent d'être complices d'un système capitaliste arrogant et aveugle, des voix qui revendiquent la dignité et le respect pour les pauvres de ce monde et qui prônent l'égalité et le partage équitable des richesses. Des voix hélas inaudibles dans nos sociétés de consommations, étouffées par les cliquetis des caisses enregistreuses...