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integristan | 14 juillet 2007
Tout au long des années 80 et 90 des pays ont soutenu les islamistes à travers le monde, les finançant, les entrainant, leur assurant un soutien technique et logistique. Des apprentis sorciers ont endoctriné et recruté des milliers de jeunes dans les pays arabes et musulmans et les ont utilisé comme moyen de pression pour déstabiliser des pays, ou encore dans des guerres interposées tel en Afghanistan ou en Inde. Tout cela dans le seul but de préserver leurs intérêts politiques et économiques.
Parmi ces pays un a joué un rôle particulier dans la saga islamiste se plaçant comme chef de fil des protecteurs des intégristes. il s'agit bien évidement du Pakistan.
Le ISI (L'Inter-Services Intelligence, le service de renseignements pakistanais) a durant plus de deux décennies recruté, entrainé, financé, armé des moudjahidines afghans dans leur guerre contre l'ex URSS. Après le retrait des russes, le ISI qui tenait à maintenir son influence intacte sur l'Afghanistan va jusqu'à créer les talibans. Ces sois disant étudiants en théologie, convertis en véritables combattants aigris qui avec l'aide de l'ISI vont assoir leur pouvoir, contrôlant plus de 80% du pays. Il utilisera également les islamistes dans sa guerre inavouée contre l'inde pour le control du kashmir.
Depuis sa prise du pouvoir le 12 octobre 1999, le plus gros défis du président pakistanais, Pervez Musharraf, a été de continuer a jouer le rôle de premier allié des Etats-Unis dans leur guerre contre le terrorisme sans se mettre les intégristes sur le dos, un travail d'équilibriste de cirque qui a plus ou moins basculé la semaine dernière.
Après un bras de fer sur médiatisé, l'assaut a finalement été donné pour déloger les centaines d'irréductibles retranchés dans l'enceinte de la mosquée rouge d'Islamabad, à leur tête deux frères : Abdul Rashid et Abdul Aaziz Ghazi. Fils de Maulana Muhammad Abdullah. Le bilan est lourd au moins 86 morts.
Beaucoup d'observateurs craignent une flambée de violence dans ce pays surtout après les appels au djihad des chefs islamistes radicaux.
Mais il faut souligner le cadre général dans lequel ces événements ont eu lieu.
1 Tout d'abord la popularité de Pervez Musharraf est au plus bas après le limogeage du juge en chef de la Cour suprême Iftikhar Chaudhry en mars dernier qui voulait que les élections prévues cette année soient propres et transparentes. Ces élections que le général président redoute encore plus que les islamistes.
2 pendant huit ans, Musharraf a géré les dossiers du Cachemire et de l'Afghanistan par islamistes interposés, mais le rééquilibrage géopolitique des États-Unis (et de l'OTAN) au Moyen-Orient et en Asie centrale, aux portes de la Russie, la Chine, l'Inde et l'Iran pose un grand problème au président et à l'ISI.
3. Le défi économique, en effet Le Pakistan est censé signer un traité avec l'Iran et l'Inde pour la construction d'un gazoduc de 7 milliards US, auquel les États-Unis sont opposés. La Chine, son alliée fiable, a beaucoup investi dans le mégaprojet de Gwadar, avec son port en eau profonde et son réseau d'autoroutes propre à lui donner accès au golfe Persique, par où transitent chaque jour 13 millions de barils de pétrole brut.
Les islamistes posent donc un sérieux problème et le Pakistan n'a plus besoin d'eux, pire ils représentent un obstacle aux intérêts future du pays. Les islamistes l'ont très bien compris il en est résulté les événements de la mosquée rouge.
Le hic c'est que le Pakistan compte aujourd'hui 14 000 madrassas ou écoles coraniques, avec plus d'un million d'étudiants. Karachi, métropole portuaire et capitale économique, compte à elle seule 2000 madrassas et 100 000 étudiants. Mais les filières islamistes les plus décisives se retrouvent au sein de l'armée et de l'ISI.
Le sort du président moucharraf est des plus flous, d'un coté des modérés qui veulent plus de démocratie et de transparence de l'autre des islamistes radicaux qui appellent à une talibanisation de la société pakistanaise le tout surveillé de près par les Etats-Unis .
Les événements de la mosquée rouge ont-ils été inspirés par une partie de l'ISI consciente de ce qui se tramait dans la mosquée et cela dans le but d'aller chercher des soutiens extérieurs, Les États-Unis et l'Union européenne, ainsi que l'ex-première ministre Benazir Bhutto, pourtant chassée par l'armée, ont appuyé l'action du général président Pervez Musharraf.
Y a-t-il eu un accord entre le président et moucharraf pour faire une purge au sein même de l'armée.
Les jours qui viennent vont probablement apporter les réponses à toutes ces questions mais encore une fois c'est d'innocentes victimes qui vont en payer le prix.
Publié par omarsito à 17:36:35 dans Ca m dit kek chose
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