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Beaudelaire et moi version 2 | 12 janvier 2007

Une silhouette frêle et fragile déambulait le long de la rue de Crimée. Tantôt marchant tantôt courant derrière son ombre dans un jeu solitaire et innocent. 8 ans, déjà fugueur il s'en allait vers l'inconnu  à la quête d'une liberté longtemps souhaitée.
Il avait toujours aimé les rues sinueuse de paris, ses bâtisses vieilles et coquettes, ses églises imposantes et mystérieuses.
Au coin d'une rue, il déboucha sur un square qu'il n'avait jamais connu auparavant. Frais et ombragé, bordé de longs Platanes d'Orient dont les feuilles, murmuraient des mélodies au grès d'une fraiche brise matinale.
Il n'avait pas beaucoup marché mais il avait l'impression d'être déjà arrivé à l'autre bout du monde. Il s'assit sur un banc et commençait à réfléchir sur le bien fondé de son expédition.
Il vit, non loin,  un enfant, du même âge que lui, lui faisant des signes de s'approcher, un autre petit garçon était accroupi les yeux grands ouverts de surprise et d'émerveillement.
Au pied d'un arbre, gisait une quantité impressionnante de jouets de toutes sortes, des animaux, des soldats, des voitures... plus qu'il n'en fallait pour peupler leurs rêves fertiles d'enfants. 
Ils jouèrent longtemps, plongés dans un monde imaginaire et féerique, parcourant le petit parc d'un bout à l'autre, oubliant du coup tout ce qui les entourait.
Quand il fut temps de partir ils se remplirent les poches de jouets et se donnèrent rendez vous pour le lendemain, même heure même endroit, tant d'aventures les attendaient...
Quelques années plus tard
De gros nuages gris et menaçants se rapprochaient d'Alger grondant et mugissant tel des fauves. Une fine pluie, a peine visible, rappelait aux  trainards qu'il fallait presser le pas. Au milieu de la table qu'il avait choisie un livre trônait : Petits poèmes en prose de Charles Baudelaire.
Il l'avait acheté quelques minutes auparavant, séduit par quelques passages lu au hasard des pages.
Il l'ouvrit de nouveau et ne put s'empêcher de revenir sur ce titre qui l'avait tant accroché : Le joujou du pauvre :
Je veux donner l'idée d'un divertissement innocent. Il y a si peu d'amusements qui ne soient pas coupables! Quand vous sortirez le matin avec l'intention décidée de flâner sur les grandes routes, remplissez vos poches de petites inventions à un sol, - telles que le polichinelle plat mû par un seul fil, les forgerons qui battent l'enclume, le cavalier et son cheval dont la queue est un sifflet, - et le long des cabarets, au pied des arbres, faites-en hommage aux enfants inconnus et pauvres que vous rencontrerez. Vous verrez leurs yeux s'agrandir démesurément. D'abord ils n'oseront pas prendre; ils douteront de leur bonheur. Puis leurs mains agripperont vivement le cadeau, et ils s'enfuiront comme font les chats qui vont manger loin de vous le morceau que vous leur avez donné, ayant appris à se défier de l'homme.


Des images d'une autre vie lui revenaient comme dans un rêve. Il revoyait Paris et ses ruelles, les visages de ses compagnons de jeu, le parc, théâtre grandiose de leurs rêveries, les jouets brillants et multicolores au pied de l'arbre, la joie et le bonheur partagés, les éclats de rires francs et contagieux... Il en avait les larmes aux yeux, car  tout cela était l'œuvre d'une personne inconnue, cachée non loin de là partageant leur jeu et leur joie. Combien de fois était elle venue les voir jouer, combien de sourires, complices et réconfortants leur avait elle adressé.
Et ce Baudelaire, rebelle et humain, artisan complice de leur emerveillement....

Publié par omarsito à 15:53:51 dans Chroniques algeroises | Commentaires (0) |

mise au point | 12 janvier 2007

Chers ami(e)s. Le but de ce blog est de m'exercer à écrire vite, en préparation de mon prochain livre. La plus part des articles ont été rédigés en à peine quelques minutes. Mais d'un autre coté j'aimerai aussi vous apporter quelque chose de constructif, vous entretenir de choses qui me tiennent à cœur, partager des opinions, vous informer de choses qui se passent à Montréal ou ailleurs dans le monde,  tout en essayant d'être vrai et sérieux et garder une petite touche d'humour.
Je suis un peu nul en orthographe mais ça c'est la job du correcteur... lol.  je m'en excuse quand même.

Publié par omarsito à 05:11:25 dans blogalia | Commentaires (1) |

breves artistiques | 10 janvier 2007

Une franchise du Louvre a Abou Dhabi ? Acheter le Louvre comme une simple marque de commerce est ce possible ? Ça semble être la dernière trouvaille des cheikhs des Émirats Arabes Unis. Après s'être payé la Sorbonne dont les locaux ont été inaugurés en novembre 2006 les négociations actuelles portent sur un Louvre Abou Dhabi, la France chapotera le projet et fournira les œuvres sous forme de prêts ou de dons... à suivre.

Girodet, le rebelle romantique Tel est le nom de l'expo qui a présentement lieu au musée des beaux arts de Montréal, jusqu'au 21 janvier 2007. Des œuvres connues du célèbre peintre Anne-Louis Girodet de Roucy, plus connu sous son nom d'artiste Girodet-Trioson. élève de Jacques Louis David. Contemporain de Antoine-Jean Gros et de Jean Auguste Dominique Ingres  pour ne citer que ceux là. À ne pas manquer. http://www.mbam.qc.ca/fr/index.html

Publié par omarsito à 17:40:49 dans OmART | Commentaires (1) |

are you BP | 10 janvier 2007

Ok, Qui d'entre vous aime les BP
Pas moi en tous cas...
L'autre jour je m'en allais passer une entrevue pour un poste que je convoitais depuis longtemps. Une belle fille était chargée de me poser plein de questions auxquelles je m'efforçais de répondre avec toute la franchise du monde. Je croyais que tout allait bien jusqu'au moment ou elle me signifia que l'entrevue était terminée parce qu'elle me soupçonnait fortement d'être un BP, je lui assurais que je n'en étais pas un, mais il n'y avait plus rien à dire ou à faire...j'étais cuit.
Je sors de là abattu et  pour passer ma frustration, je rentre dans le premier bar que je rencontre. Une superbe fille assise seule à une table me fait un sourire provocateur,
auquel je m'empresse de répondre. J'engageais la discussion et au bout d'un moment   je me surpassais. Les mots venaient tous seuls et je pense que je n'avais jamais été aussi drôle avec une fille de toute ma vie. Elle se tenait les cotes tellement elle riait. Je me félicitais intérieurement pour mon sens de l'humour lorsqu'elle se leva et me dit qu'elle devait filer, je lui demandais son numéro, mais elle me répondit qu'elle ne voulait pas avoir à faire a un BP et s'éloigna avec une moue aussi provocante que son sourire.
Je m'arrachais les cheveux de la tète, s'en était trop. Deux fois dans la même journée qu'on me prenait pour un BP , alors que je les déteste. ça ne m'était jamais arrivé auparavant.
Ils sont partout, une véritable invasion, il faut le dire, il y a de plus en plus de Beaux Parleurs dans le monde et leur concurrence est féroce.
C'est correcte d'être un BP tant que les gens ne s'en rendent pas compte, ils sont là, a vous écouter, a vous respecter,  et même a vous aduler.  Mais votre vraie nature finit toujours par vous rattraper et le monde finit par savoir qui vous êtes réellement. Et là vous perdez tout.
Ceci n'empêche pas certains de pratiquer le BPisme à outrance et ça marche.
Regardez nos hommes politiques, tous ces loosers qui occupent des postes clés, tous ces couples qui cassent au bout de quelques semaines à peine, toutes les choses qui vous ont coûté une fortune et dont vous ne vous étés jamais servi. Tout ça c'est l'œuvre des BP; c'est à croire que notre société, qui accorde plus d'importance aux apparences qu'aux vraies valeurs, encourage ces gens là, pire, elle les crée. Le BPisme se pratique de nos jours en politique, en affaire, dans la vie amoureuse, avec vos amis, votre famille, il y a même des écoles qui offrent des formations pour être BP....
Vous allez me dire que tout le monde veut plaire ou juste réussir dans la vie et vous aurez raison, qui d'entre nous en effet n'a jamais essayé de se vendre à un patron, à une jolie fille, ou tout simplement a un parfait inconnu, mais ce n'est pas le fait de se vendre que j'incrimine, ni la volonté de plaire. Ce sont des choses naturelles et des fois nécessaires, mais ce qui me révolte, c'est le fait de mentir aux gens, de les induire en erreur, de leur donner une fausse idée de nous, et le pire de tout de se renier sois même.

Publié par omarsito à 01:45:54 dans Coup de coeur coup de gueule | Commentaires (0) |

Beaudelaire et moi | 05 janvier 2007

Le soleil rayonnait sur Paris ce jour là. Mes pas raisonnaient sur le pavé trompé, et mon ombre me suivait tel un fidèle toutou. Je descendais le long de la rue de Crimée, mon petit sac sur le dos, sans savoir où j'allais, et je m'en foutais royalement, car après tout j'avais 8 ans et pour la première fois de ma vie je fuguais...Un grisant baptême de la liberté auquel tout enfant devrait avoir droit au moins une fois dans sa vie. Une sorte d'avant goût de la vie d'adultes sans les problèmes bien entendu. Enfin libre, libre de faire ce que je veux, d'aller ou je veux, sans me faire gronder ou me faire tapoter le derrière. Je savourais chaque instant de ma nouvelle vie d'insouciance qui commençait, et à peine avais je fais quelques mètres, que je  pris la décision de m'accorder  une pose pour réfléchir a tout ça. Je m'assis sur un banc et sortis de ma poche le petit sandwich que je m'étais préparé la veille.  Soudain mon regard fut attiré par un arbre au pied duquel était éparpillée une quantité incroyable de petits jouets. Je m'approchais incrédule en me frottant les yeux pour être sure que je ne rêvais pas. Les jouets étaient bien là, des petits soldats, des animaux de toutes sortes, des voitures de course, des motos, des camions de pompiers... j'étais au paradis. Un jouet m'attirait tout particulièrement, c'était une petite voiture coccinelle rouge...Je la glissais dans mon sac et ramassais autant de petits jouets que mes poches pouvaient en contenir et m'en retournais chez moi, car après tout a quoi sert de fuguer quand on est aussi riche en jouets.
Quelques années
plus tard...
14h30, j'étais largement en avance. Je pris place à une table et regardais dehors. Une fine pluie martelait l'asphalte de la rue Michelet à Alger, forçant les gens à accélérer leurs pas. Avant de venir à mon rendez-vous, J'étais passé au marché de la rue de la lyre, pour faire le tour des bouquinistes et je n'avais pas pu résister devant un petit livre dont la couverture en cuir rouge portait le titre : petits poèmes en prose de Charles Baudelaire.
Je commandais un café et feuilletait mon livre au hasard des pages. Je tombais sur Le joujou du pauvre et commençais à le lire avec un sourire au coin des lèvres. 

Je veux donner l'idée d'un divertissement innocent. Il y a si peu d'amusements qui ne soient pas coupables! Quand vous sortirez le matin avec l'intention décidée de flâner sur les grandes routes, remplissez vos poches de petites inventions à un sol, - telles que le polichinelle plat mû par un seul fil, les forgerons qui battent l'enclume, le cavalier et son cheval dont la queue est un sifflet, - et le long des cabarets, au pied des arbres, faites-en hommage aux enfants inconnus et pauvres que vous rencontrerez. Vous verrez leurs yeux s'agrandir démesurément. D'abord ils n'oseront pas prendre; ils douteront de leur bonheur. Puis leurs mains agripperont vivement le cadeau, et ils s'enfuiront comme font les chats qui vont manger loin de vous le morceau que vous leur avez donné, ayant appris à se défier de l'homme.

Et soudain je me souvenais de tout, une image nette et précise s'étalait devant mes yeux, je sentais le soleil sur ma peau, le goût du sandwich dans ma bouche, je revoyais paris, et sentais son odeur, le près St-Gervais, ses ruelles calmes et silencieuses, je revoyais la coccinelle rouge et me rendit compte que s'était moi le petit enfant, et même si je n'étais pas pauvre, la découverte d'un tel trésor aurait émerveillé n'importe quel enfant de mon âge.
J'en avais les larmes aux yeux, je voulais dire merci à cet inconnu, qui, voulant se divertir innocemment, m'avait fait tellement plaisir.  Caché non loin, il était le complice et l'artisan de mon émerveillement, et surtout merci à Baudelaire, ton idée est d'un humanisme et d'une simplicité baudelairienne, tu es génial...

Publié par omarsito à 21:34:30 dans Chroniques algeroises | Commentaires (1) |

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